← Retour

Numéro 32 - rive architecturale - mai 2017

Vanessa Vivero, architecte

Demain est aujourd’hui en architecture

Pour améliorer la qualité de vie, l’architecture comme tous les métiers, doit s’inspirer du passé pour se projeter dans l’avenir. Discipline de création, l’architecture répond aux besoins actuels, aussi bien spatiaux que sociaux. L’évolution de la technologie demande constamment de nouveaux types d’espaces et d’installations, à l’échelle familiale et à l’échelle urbaine. De nouveaux espaces doivent être prévus pour ces besoins, par exemple, des espaces à usage de bureaux dans les habitations pour un ou plusieurs ordinateurs, ou des espaces pour les nouveaux entrepreneurs pour le  co-working, des cafés et des centres commerciaux avec connexion Internet wifi et prises électriques. D’autres enjeux peuvent être résolus par l’architecture en dirigeant la conception de nouveaux projets.

En premier lieu, l’enjeu environnemental vise à réduire les émissions des gaz à effet de serre (GES). Après le protocole de Kyoto, l’Union européenne s’est engagée à réduire ses émissions de GES de 8% entre 2008 et 2012 par rapport à 1990. Fin 2012, la France a atteint cet objectif, les émissions agrégées des gaz à effet de serre sont de 11 % inférieures à celles de 1990 (1). Pour respecter ces engagements, une amélioration dans l’efficacité énergétique du bâtiment est indispensable.

Ainsi, la loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte fixe l’objectif d’une réglementation environnementale ambitieuse pour les bâtiments neufs avec la prise en compte du poids carbone tout au long du cycle de vie, et à partir de 2020. Il s’agit de la généralisation des bâtiments à énergie positive (2), c’est-à-dire, qui permettent de diminuer l’apport d’énergie fossile, et d’augmenter l’apport d’énergie renouvelable avec l’autoproduction et autoconsommation d’énergie électrique, par le moyen des panneaux solaires, par exemple.

Une autre dimension de l’approche environnementale est l’économie des ressources naturelles, par exemple, la recollection des eaux pluviales pour l’arrosage des plantes, et dans certains cas, des jardins verticaux. Ces derniers permettent aux villes d’avoir plus de plantes pour la purification de l’air. Esthétiquement ils contribuent à l’aménagement paysager en intégrant des plantes dans les façades des bâtiments.

En deuxième lieu, l’enjeu social est essentiel. Les nouveaux projets architecturaux doivent contribuer au développement d’une société plus homogène, en proposant une architecture plus accessible à tous et en facilitant une mixité sociale dans les nouveaux espaces d’habitation. En France, la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU)  oblige les communes urbaines de plus de 3 500 habitants et membres d’une agglomération de plus de 50 000 habitants à se doter de logements sociaux jusqu’à atteindre, chacune, la proportion de 25 % du nombre total de leurs résidences principales (3).

En troisième lieu, des enjeux urbains sont fixés à l’architecture. L’ensemble du bâti doit être régulé à des fins précises, et s’ajuster aux normes d’urbanisme de chaque ville en tenant compte des enjeux environnementaux. La participation des autorités locales et les besoins des habitants sont pris en compte dans le développement des nouveaux projets. L’accès facile aux transports en commun est un exemple. De nouveaux quartiers, appelés Eco-quartiers, proposent la participation des  habitants dans des activités de jardinage et d’entretien des potagères. On peut aussi mentionner les enjeux esthétiques à prendre  en compte dans les nouveaux projets, pour les intégrer au paysage urbain existant, tels que les monuments et bâtiments anciens. Il faut  trouver une harmonie entre les bâtiments de demain et les bâtiments du passé.

Demain est aujourd’hui dans une époque où notre société avance très rapidement, avec la technologie et les communications. L’architecture doit faire face à ces changements, non seulement en faveur des habitants, mais aussi de l’environnement et du patrimoine historique hérité d’hier.

(1) Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer.  Observations et statistiques (En ligne), mis à jour le  1/12/2015. consulté le 20 avril 2017. URL: http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/199/0/emissions-gaz-effet-serre-france.html
(2) Ministère  de l’environnement, de l’énergie et de la mer. Plan bâtiment durable (En ligne), mis à jour le 6 mars 2017. Consulté le 20 avril 2017. URL : http://www.planbatimentdurable.fr/experimenter-la-future-reglementation-le-label-e-c-r222.html
(3) Ministère du logement et de l’habitat durable. Article 55 de la loi SRU (En ligne), mis à jour le 27/05/2016. Consulté le 24 avril 2017. URL : http://www.logement.gouv.fr/transparence-logement-social



devenez contributeur des rives d'iriv

← Retour