la revue électronique de l'Institut de Recherche et d'Information sur le Volontariat (iriv) - www.iriv.net
« La meilleure des universités est une collection de livres.»
Thomas Carlyle (Eaglais Fheichein, Ecosse, 1795 – Londres, 1881).
L'institut de recherche et d'information sur le volontariat - iriv (www.iriv.net)
est un Institut privé qui travaille sur le bénévolat et le volontariat & l’éducation et la formation tout
au long de la vie. Créée en 2004 par Bénédicte Halba et Eve-Marie Halba, présidente et
secrétaire générale de l'iriv, la revue propose une réflexion sur des thèmes aussi variés que l'expérience, la promesse,
la différence, ou les confins... avec des témoignages venus de France, d'Europe et du reste du Monde.
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« The greatest university of all is a collection of books.»
Thomas Carlyle (Eaglais Fheichein, Scotland, 1795 – London, 1881).
The institute for research and information on volunteering (www.iriv.net)
is a private institute specializing in the non-for-profit sector in Lifelong Learning (LLL). It has directed,
coordinated, and been involved in many European and national projects. Its electronic review, les rives de l'iriv - www.benevolat.net -
was created in 2004 by Bénédicte Halba and Eve-Marie Halba, president and general secretary of the Institute.
The review has published articles on topics as various as experience, promise, difference or borders with contributions from France,
Europe and worldwide.
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dr Bénédicte Halba, présidente fondatrice de l'iriv, co-fondatrice des rives de l'iriv
Des questions existentielles sont posées à l’intelligence humaine avec l’apparition de l’intelligence artificielle (IA) générative en 2023. Le premier agent conversationnel apparu aux Etats Unis, Chat GPT (Open AI), est à présent concurrencé par Claude (Anthropic) ou Le Chat (Mistral IA) en France ou DeepSeek en Chine. L’IA suscite des questions angoissantes sur le futur et la place de l’humain - dans la vie professionnelle (des millions d’emplois menacés), dans la vie sociale (l’IA se charge d’organiser nos relations) ou dans la vie personnelle (l’agent conversationnel devient notre « meilleur ami »).
L’être humain est-il devenu obsolète ? La question est posée par des chercheurs angoissés ou peut-être plus lucides (1) auxquels d’autres scientifiques rationnels ou plus optimistes préconisent d’attendre avant de s’alarmer (2). Les économistes et les historiens rappellent que les avancées de la technologie ont toujours causé de vives inquiétudes et des réactions violentes. L’économiste autrichien Schumpeter a théorisé la « destruction créatrice ». Les travailleurs de la soie à Lyon (les Canuts) au XIXème siècle ont cassé les machines qui devaient les remplacer. Pourtant avec la mécanisation, d’autres métiers sont apparus, moins fatigants physiquement mais plus stressants psychologiquement. Au XXIème siècle, on meurt moins de fatigue physique ; elle a laissé place à un épuisement mental (burnout).
Chaque jour, un article est publié dans la presse ou une émission audiovisuelle est diffusée sur les nouvelles avancées de l’IA. Pour la science, grâce à la puissance extraordinaire de calculs des machines, les progrès médicaux sont majeurs. L’évaluation des millions d’emplois appelés à disparaître n’est pas innocente. Elle constitue un argument décisif pour la productivité des entreprises qui justifient ainsi les investissent considérables réalisés dans l’IA. Meta vient d’annoncer un plan de licenciement. Les articles sur les ravages causés sur l’environnement par les Data Centers, très consommateurs en eau sur des sols déjà asséchés aux Etats Unis ou en Europe, sont alarmants. Toutes ces questions nous épuisent.
Les chercheurs s’accordent sur un point. En 2026, l’IA a besoin de l’intelligence humaine. Une étude de l’Institut global MacKinsey l’a rappelé (3). Des compétences clés restent exclusivement humaines, celles « qui ajoutent de la valeur à l’IA » . Elles sont caractérisées par « l’intelligence sociale et émotionnelle, telles que la résolution de conflits interpersonnels et la réflexion». Elles incluent des qualités typiquement humaines - « l’empathie, la créativité et la compréhension contextuelle ». Elles seront « difficiles à reproduire par les machines ». Selon le rapport MacKinsey, les métiers d’avenir intégreront une combinaison d’intelligence humaine et artificielle. Un métier est déjà apparu- des experts chargés d’entrainer les IA pour limiter ses « hallucinations» c’est-à-dire les erreurs commises par les agents conversationnels. Face à des demandes simples, l’IA se trompe quand les questions ne sont pas assez précises ou basées sur des données jamais publiées ou avec une formulation ambiguë ou maladroite.
Par curiosité intellectuelle ou pour des missions rémunérées à distance, on peut se lancer dans de telles missions. Plusieurs entreprises américaines publient des offres sur LinkedIn (4). Les tâches sont très spécifiques ; les évaluateurs sont appelés annotateurs. Le coût horaire tient compte du niveau d’expertise requis. Au préalable, il faut suivre des « work trials » exigeants. Ils testent les compétences numériques (règles de sécurité), logiques (directives complexes), linguistiques (niveau élevé d’anglais requis) mais aussi la culture générale (pour repérer les aberrations dans les prompts à écrire). Ces missions 3.0 requièrent surtout une résistance maximale au stress. Les directives, nombreuses et très détaillées, avec des « tutorials », préparent à l’écriture de « prompts » pour entrainer l’Intelligence artificielle.
La manière de poser les questions est au cœur de la révolution de l’IA générative. Pour obtenir des réponses pertinentes, le « prompt » doit être bien formulé (un niveau de langue soutenu), très précis (indications spécifiques), sans ambiguïté (les choix multiples sont proscrits), et avec une plus-value intellectuelle (un raisonnement logique ou mathématique). La différence entre une question posée à Google (ou tout autre moteur de recherche) et celle posée aux agents conversationnels (Chat bots) réside dans les « défis » lancés à l’IA. Elle est capable de rechercher toutes les informations déjà publiées sur le sujet (Data Centers), les synthétiser en un temps record, et suggérer une réponse argumentée. La question posée répond à des critères très cadrés, organisés dans des rubriques, résultats d’un « échafaudage » (scaffolding). Les experts locaux/nationaux sont essentiels pour que les « prompts » soient réalistes et évitent les contre sens. Les recherches sur Google sont les bienvenues.
L’Intelligence artificielle est-elle notre amie ? Le robot/la machine n’a pas d’empathie. L’IA répond à une question qui oriente la réponse en fonction de la manière dont elle est posée et des données accessibles. Un agent conversationnel est parfait pour reformuler les choses ou prendre conscience d’une erreur ; il agit comme un « coach personnel ». Il ne sera jamais un véritable ami ou un vrai professionnel qui sont censés lire entre les lignes. Si vous souhaitez un conseil inattendu, drôle, créatif, original, adressez-vous à une vraie personne qui doit savoir déceler avec nuance et subtilité des indices imperceptibles à la machine.
La question au cœur de l’IA, la plus pertinente, est celle qu’elle pose aux relations humaines authentiques. Plus sensibles à l’empathie et l’intelligence émotionnelle, les êtres humains seront de plus en plus exigeants sur le choix de leurs amis, leurs collègues ou leurs relations sociales.. L’IA est aussi un excellent « coach », sans âme mais efficace pour éprouver son « stress ». Merci pour le coaching, « amie » IA - « Hasta la vista, baby »... (5).
(1) Bruno Patino “Le temps de l’obsolescence humaine”, Paris: Grasset, 2026
(2) Anne Bouverot et Philippe Aghion ,Commission de l’IA en France, rapport 2024 https://www.info.gouv.fr/actualite/25-recommandations-pour-lia-en-france
(3) McKinsey Global Institute in November 2025, McKinsey Global Institute, “Agents, robots, and us: Skill partnerships in the age of AI , November 25, 2025 https://www.mckinsey.com/mgi/our-research/agents-robots-and-us-skill-partnerships-in-the-age-of-ai#/
(4) Mercor, Crossing Hurdles, Transperfect, SME careers …..
(5) Derniers mots d’Arnold Schwarzenegger in James Cameron, “Terminator”, Etats Unis, 1984