la revue électronique de l'Institut de Recherche et d'Information sur le Volontariat (iriv) - www.iriv.net
« La meilleure des universités est une collection de livres.»
Thomas Carlyle (Eaglais Fheichein, Ecosse, 1795 – Londres, 1881).
L'institut de recherche et d'information sur le volontariat - iriv (www.iriv.net)
est un Institut privé qui travaille sur le bénévolat et le volontariat & l’éducation et la formation tout
au long de la vie. Créée en 2004 par Bénédicte Halba et Eve-Marie Halba, présidente et
secrétaire générale de l'iriv, la revue propose une réflexion sur des thèmes aussi variés que l'expérience, la promesse,
la différence, ou les confins... avec des témoignages venus de France, d'Europe et du reste du Monde.
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« The greatest university of all is a collection of books.»
Thomas Carlyle (Eaglais Fheichein, Scotland, 1795 – London, 1881).
The institute for research and information on volunteering (www.iriv.net)
is a private institute specializing in the non-for-profit sector in Lifelong Learning (LLL). It has directed,
coordinated, and been involved in many European and national projects. Its electronic review, les rives de l'iriv - www.benevolat.net -
was created in 2004 by Bénédicte Halba and Eve-Marie Halba, president and general secretary of the Institute.
The review has published articles on topics as various as experience, promise, difference or borders with contributions from France,
Europe and worldwide.
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Pr dr Peter Guggemos, Prof. for Political Science at the University of Applied Labour Studies of the German Federal Employment Service (Mannheim, Germany.)
Des pays comme l'Allemagne, dont le système de valeurs repose sur l’opposition à un passé au régime injuste, sont pointilleux sur le respect du droit international par des gouvernements occidentaux de premier plan. Même si la politique étrangère est un jeu intérêts, il est mal vu de l'admettre. Le décalage entre une politique étrangère officielle normative (1) et une action nationale de facto guidée par des intérêts a entraîné une perte de crédibilité d’une politique respectueuse des droits de l’homme, jusque dans des agences de l’ONU (2). Si « d’autres gouvernements font le sale boulot à notre place » (3), et que nous les critiquons en plus moralement pour cela, il est logique de ne plus être pris en considération par les États-Unis ou Israël. Dans le même temps, l’enlèvement d’un président étranger (Maduro au Vénézuéla) et l’assassinat ciblé d’un autre (Khamenei en Iran), les revendications territoriales temporairement proclamées sur le Groenland et les bombardements massifs de voisins rivaux au Proche-Orient soulèvent des questions majeures d’orientation, sur un plan socio-psychologique et identitaire comme sur un plan collectif et politique.
Sans un socle de valeurs qui servent de repère, comment distinguer encore le « bien » du «mal » ? Est-ce la porte ouverte à l’arbitraire ? Les sciences politiques répondent que les approches « réalistes » permettent d’expliquer les actions politiques, car elles s’interrogent toujours sur l’utilité présumée d’une action. L'analyse peut avoir une orientation normative après coup, par exemple lorsque les électeurs et électrices exigent davantage de durabilité écologique ou des conditions de travail équitables dans les chaînes d'approvisionnement. L'optimiste philosophe s'attend à ce que les règles soient respectées, tandis que le pessimiste ne s'étonne pas du « greenwashing ».
Une question philosophique et stratégique porte sur le réalisme et le néoréalisme dans les approches politiques internationales. Elles s’intéressent à la puissance et à la force économique. Elles partent du principe qu'il n'existe pas d'ordre international contraignant, puisqu'il n'y a pas de monopole international de la force capable d'imposer des règles même face à une opposition. L'adhésion à des organisations internationales est envisagée sous l'angle des avantages. Dans le cadre de la pensée néoréaliste, avoir ses propres armes nucléaires est considéré comme très utile, car aucune puissance nucléaire n'a encore été attaquée par d'autres acteurs étatiques (4). Les valeurs peuvent être facilement manipulées, par exemple lorsqu'il s'agit de renverser des gouvernements impopulaires ou de nouer des liens avec de puissants dictateurs. Les « pare-feu » face aux franges extrémistes n’ont pas leur place dans cette pensée, car ils réduiraient les options d’action.
D'un point de vue réaliste, un repositionnement européen sans la garantie de sécurité américaine se pose, face à une Russie qui applique ses propres règles, en définissant ses propres intérêts nationaux et européens et en assumant ses responsabilités en matière militaire – comme l'ont souligné Barack Obama et Joe Biden. La question un code européen commun de valeurs, y compris sur la question de l'immigration et de la prise en charge des réfugiés, reste d’actualité.
Même les lectrices et lecteurs qui ont une vision positive de l’humanité admettent que le monde n'est pas aussi bon qu'on l'espérait. Comment agir lorsqu'on ne peut pas compter sur une attitude pacifique, équitable et solidaire de la part des autres États ? Il est possible de mettre en place des incitations judicieusement ciblées pour encourager les comportements souhaités (par exemple, via le nudging et les systèmes économiques de bonus-malus). On peut aussi appliquer des sanctions face à des comportements indésirables – tout en sachant que les restrictions de liberté entraînent un retrait de soutien politique. Les différences culturelles apparaissent alors clairement : le port d'armes individuel aux États-Unis est aussi important que la « conduite libre pour les citoyens libres » sans limitation de vitesse en Allemagne.
La classe moyenne occidentale se demande si elle a eu la chance, grâce à certains privilèges liés à son origine et son éducation, de bénéficier d'un revenu sûr à long terme, auprès de l'État ou d’une autre source sans avoir à s'aventurer dans les bas-fonds du capitalisme sauvage ou d’ activités illégales (5). En admettant honnêtement avoir des intérêts concrets, la question d'un revenu universel se pose, plus ouverte aux intérêts d'autrui – y compris dans un exercice équitable de leurs propres rôles ( responsables des ressources humaines ou propriétaires).
La question de savoir s’il convient d’investir davantage dans les systèmes d’armement pour assurer une défense nationale sûre et disposer d’une plus grande marge de manœuvre sur la scène internationale suscite des réponses divergentes. Quiconque ne considère ni les États-Unis ni la Russie comme des acteurs bienveillants et coopératifs préconisera, selon les principes du réalisme politique, une défense nucléaire européenne (6). En jetant un regard lucide sur l’histoire – où apparaissent les faiblesses du réalisme –, on peut se demander si les efforts de réarmement n’entraînent pas des efforts d’armement de la part de tiers et une plus grande propension à l’agression en matière de politique étrangère, et quelles conséquences elles ont sur les coupes budgétaires dans les domaines sociaux ou éducatifs.
Du côté des idéalistes, les jeunes manifestent contre le rétablissement du service militaire obligatoire, aux côtés des « Mamies contre l'extrême droite ». D'un point de vue réaliste, il n'est pas exclu que ces derniers se retrouvent bientôt face à des « Papys pour l'armement nucléaire »
(1) même féministe sous Annalena Baerbock, ministre des affaires étrangères
(2) Jean Ziegler 2009: Der Hass auf den Westen: Wie sich die armen Völker gegen den wirtschaftlichen Weltkrieg wehren. Bertelsmann, München
(3) selon les termes du chancelier fédéral Friedrich Merz
(4) John J. Mearsheimer dans plusieurs publications, notamment en 2018 : *The Great Delusion: Liberal Dreams and International Realities*. Yale University Press, New Haven
(5) Robin DiAngelo 2019: White Fragility. Why It's So Hard for White People to Talk About Racism. Penguin Books. Cet ouvrage examine les privilèges dont bénéficie la classe moyenne (principalement blanche) et l'exclusion structurelle qui en découle pour les groupes de population moins favorisés
éventuellement avec l’Allemagne dans un co-financement du bouclier nucléaire britannique, français ou paneuropéen