la revue électronique de l'Institut de Recherche et d'Information sur le Volontariat (iriv) - www.iriv.net
« La meilleure des universités est une collection de livres.»
Thomas Carlyle (Eaglais Fheichein, Ecosse, 1795 – Londres, 1881).
L'institut de recherche et d'information sur le volontariat - iriv (www.iriv.net)
est un Institut privé qui travaille sur le bénévolat et le volontariat & l’éducation et la formation tout
au long de la vie. Créée en 2004 par Bénédicte Halba et Eve-Marie Halba, présidente et
secrétaire générale de l'iriv, la revue propose une réflexion sur des thèmes aussi variés que l'expérience, la promesse,
la différence, ou les confins... avec des témoignages venus de France, d'Europe et du reste du Monde.
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« The greatest university of all is a collection of books.»
Thomas Carlyle (Eaglais Fheichein, Scotland, 1795 – London, 1881).
The institute for research and information on volunteering (www.iriv.net)
is a private institute specializing in the non-for-profit sector in Lifelong Learning (LLL). It has directed,
coordinated, and been involved in many European and national projects. Its electronic review, les rives de l'iriv - www.benevolat.net -
was created in 2004 by Bénédicte Halba and Eve-Marie Halba, president and general secretary of the Institute.
The review has published articles on topics as various as experience, promise, difference or borders with contributions from France,
Europe and worldwide.
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dr Carolyn Shuster Fournier, Organiste et musicologue franco-americaine
Les Quatre Grandes Toccatas et Fugues (1685-1750) de Johann Sebastian Bach, œuvres virtuoses par excellence ont été plusieurs fois présentées selon la conception de la Trinité : Dieu le Père, son fils Jésus Christ et l’Esprit Saint, Consolateur. Fidèle à la pensée fondamentale de ce génie musical qui nourrissait une particulière dévotion pour la Trinité, elles sont parfois accompagnées de quatre chorals qui soulignent la dimension spirituelle de cette musique, véritable théologie sonore qui parle profondément au cœur de l’homme. Selon Albert Schweitzer, « c’est au choral que l’œuvre de Bach doit sa grandeur. ... Par le choral, la musique étend ses racines jusqu’au XIIe siècle et se trouve, ainsi, en contact vivifiant avec un grand passé. Elle n’est plus seulement un phénomène individuel ; en elle revivent les aspirations, les efforts, l’âme même des générations antérieures. L’art de Bach représente l’éclosion du choral sous le souffle d’un grand génie. »
La célèbre Toccata et Fugue en ré mineur ! Cette œuvre propulse la puissance de l’Esprit Saint qui anime le souffle de Dieu, Créateur de l’univers. Elle nous annonce le début de l’Évangile selon Saint Jean : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui et sans lui rien ne fut. De tout être il était la vie et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres n’ont pu l’atteindre. »
Le choral orné de l’Avent « Viens maintenant Sauveur des Païens » est directement inspiré de Buxtehude. Son texte invite le Verbe, lumière véritable, à venir dans le monde, pour que nous devenions les enfants de Dieu.
La Toccata en ut majeur commence par un prélude monodique et un solo de dix-neuf mesures au pédalier qui descend au premier ut grave. Ensuite, elle rebondit sur la joie des anges qui annonce la bonne nouvelle de la Nativité : « Et le Verbe s’est fait chair et il est demeuré parmi nous. » À la fin, la triple descente en fa mineur rappelle que le Christ incarné est venu donner sa vie pour l’humanité. L’Adagio en la mineur est un Aria à l’Italienne chantant la profondeur et la sublimité infinies d’un tel amour. Il trouve son apothéose, pour reprendre le Credo « Soli Deo Gloria » de Pierre Vidal, dans un Grave douloureux sondant les cruautés de cette vie ou tout, sans l’aide de Dieu, s’effondra. La Fugue en 6/8 temps est une gigue qui danse avec jubilation un tel Gloria.
Dans le choral « Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu », la joie lumineuse de Noël jaillit d’un Christ qui relie la Terre et le Ciel. Selon Georges Guillard, le développement contrapuntique du petit motif de fanfare de quatre notes signifie les langues de feu de l’Esprit Saint, descendu à son baptême.
La Toccata en ré mineur, dite « Dorienne », développe un seul thème, alterné entre les claviers du Positiv et de l’Oberwerk : une sorte de fantaisie en écho de la puissance et la gloire de Dieu. La Fugue de 222 mesures souligne que le Christ, la deuxième personne de la Trinité, est venu sauver l’humanité. Il est à la fois Dieu et homme. Son sujet, qui compte sept mesures et contient les sept notes de la gamme diatonique, monte en trois bonds de quarte. Selon Gilles Cantagrel, « Ces trois sauts ascendants en trois mesures sont un nouveau signe de la Trinité ; et puisque, parti d’un ré, il aboutit à un ré, des trois personnes distinctes en une seule. Autre signe trinitaire, l’identité temporelle du sujet avec ses deux contre-sujets, exactement superposables ». Le trille virtuose de la pédale, mesures 179-184, produit une sorte de tremblement de terre qui annonce la victoire de la vie sur la mort : l’accomplissement de la Loi.
Le choral « Reste près de nous, Seigneur Jésus-Christ » est la cinquième des six transcriptions de Bach de ses airs de Cantates, éditées par J. C. Schübler en 1746. Issu de la Cantate n° 6, le cantus firmus paraît au soprano avec le violoncelle piccolo à la main gauche. Le Fils de Dieu, plein de grâce et de vérité, nous apporte la douce lumière de la paix intérieure.
La brillante et immense Toccata en fa majeur tourbillonne comme le souffle de l’Esprit Saint au jour de la Pentecôte. Elle utilise la même tonalité que le choral « Komm heiliger Geist, Herre Gott » (« Viens, Esprit Saint, Seigneur Dieu »), adopté à l’orgue par Bach, BWV 651, et Buxtehude, Bux WV 200. Le début de son texte flamboie : « Viens, Esprit Saint, Seigneur Dieu, / Emplis de ta grâce bienfaisante / Le cœur, l’âme et la pensée de ceux qui croient en toi ! / De ton amour ardent, enflamme-les ! / O Seigneur, par l’éclat de ta lumière. » À la fin, la double fugue majestueuse proclame avec une joie débordante : « Dans la foi tu as réuni / Les peuples de toutes les langues du monde, / Pour que, Seigneur, soit chantée ta louange, / Alleluia, Alleluia ! ».
Quelles questions pose l’œuvre de Johann Sebastian Bach, au XXIème siècle ? Peut-être celles de l’universalité et de l’intemporalité des âmes musicales. Les siècles passent, la musique reste et continue de réconforter le cœur des hommes, toujours tourmenté, qu’elle soit profane ou sacrée.